Pourquoi on continue à entreprendre comme avant, même quand on sait que ce n’est plus aligné
Il y a des moments où on sait.
On sent que certaines manières de travailler ne sont plus tout à fait justes.
On perçoit que quelque chose force, sans pouvoir dire exactement quoi.
Et en même temps, on continue.
Pas parce qu’on est déconnectée.
Pas parce qu’on ne s’écoute pas.
Mais parce qu’entre le savoir et faire autrement, il y a un espace inconfortable.
On ne manque pas de conscience
La plupart du temps, on sait très bien ce qui se joue.
Par exemple :
- On continue à proposer des séances en individuel, alors qu’au fond, on sent que la répétition des rendez-vous nous demande une présence où notre temps n’est pas optimisé.
- On maintient un rythme de publications, de réponses, de suivis, parce que “c’est comme ça qu’on a construit notre activité”, même si le corps soupire rien qu’en regardant ce qu’il y a à « faire » demain.
- On accepte encore certains accompagnements en se disant “je sais faire”, même quand l’élan n’est plus vraiment là pour cette problématique.
Ce n’est pas de l’inconscience.
C’est de la lucidité… sans passage à l’acte.
Ce qui freine vraiment : faire autrement sans preuve
Ce qui bloque, ce n’est pas l’envie de changement.
C’est ce moment précis où il faudrait faire autrement sans savoir si ça va fonctionner.
Par exemple :
- On imagine réduire le nombre de clients, mais une petite voix dit : “Ça aura un impact sur mon chiffre d’affaires …”
- On sent que des formats plus simples, plus espacés, seraient plus justes, mais on n’a aucun exemple concret montrant que “ça marche aussi comme ça”.
Alors on reste avec ce que l’on connaît.
Et même si ce n’est plus vraiment aligné, au moins, on a la preuve que ça marche.
Un mécanisme très humain dans le quotidien
Souvent, ce mécanisme se glisse dans des détails très concrets.
On se surprend à :
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Préparer des séances encore empreintes d’un perfectionnisme qui prend beaucoup d’énergie, alors que le corps aimerait plus de légèreté
-
Expliquer, réexpliquer, ajuster son discours pour être comprise
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Porter la structure, l’organisation, la relation, la responsabilité des résultats / clients sans même se demander si c’est réellement notre rôle
Parce qu’on sait faire.
Parce qu’on a appris à faire comme ça.
Parce que cela a déjà donné des résultats.
C’est une habitude devenue un refuge dans lequel on se sent mal énergétiquement mais qui rassure.
Pourquoi la connaissance du Design Humain ne déclenche pas toujours le changement qu’on aimerait
Le Design Humain apporte une immense clarté.
Il aide à comprendre notre fonctionnement, nos besoins, nos limites.
Mais il ne supprime pas cette étape délicate où :
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On ralentit sans preuve extérieure que ça peut aussi fonctionner comme ça (et même encore mieux !)
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On simplifie l’organisation sans voir l’impact réel tout de suite
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On change de posture avant d’avoir un retour rassurant
Par exemple, vous pouvez très bien savoir que votre énergie ne fonctionne pas dans la régularité ou la constance…
et continuer quand même à structurer votre activité comme si c’était nécessaire.
Pas par incompréhension du système.
Mais par sécurité.
Cet “entre-deux” que beaucoup vivent
Il y a un moment où l’on se reconnaît toutes.
On n’a plus envie de forcer … à force d’avoir trop donné, de manière incorrecte.
Mais on ne sait pas encore comment faire autrement.
On continue alors “un peu comme avant”, en attendant d’y voir plus clair, et en espérant que le prochain ajustement suffira.
C’est une zone de transition, parfois longue d’un certain point de vue, parfois courte mais très inconfortable.
Une question très simple à observer dans le quotidien
Sans pression à changer quoi que ce soit tout de suite, on peut parfois juste observer :
Qu’est-ce que je continue à faire parce que je sais le faire…
et non parce que c’est réellement juste pour moi aujourd’hui ?
Parfois, cette prise de conscience suffit déjà à déverrouiller quelque chose en nous.
Entreprendre autrement ne commence pas par une révolution.
Cela commence souvent par reconnaître ces petits gestes quotidiens qui ne sont plus alignés, et s’autoriser à ne pas avoir encore toutes les réponses.
